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  • أضيف في 13 أبريل 2017 الساعة 18:29

    Ce que le Maroc doit à la France


    C’est toujours avec un dédain notoire que l’on tendance à parler de nos années de protectorat. Non pas que l’on doive avoir des étoiles dans les yeux en parlant de ces années où nous avons été colonisés, censurés, privés de nos propres richesses et de toute identité diplomatique,  beaucoup torturés, assez dénaturalisés ; cependant, nos années sous mandat ne nous ont pas été que mauvaises.

     C’est en effet grâce à ce choc colonial que le Maroc a pu entreprendre ses premiers pas vers le progrès de sa société. Voici donc, un peu de ce que le Maroc doit à la France

    l’instauration des premiers jalons de gouvernance démocratique : Il est assez simple de se  représenter le système d’antan : Le Sultan et son Makhzen. L’arrivée du protectorat divisera les institutions de gouvernance en trois instances : la résidence générale, située dans la capitale, les offices des affaires indigènes pour les régions rurales, et les commissions municipales pour les villes, créant ainsi des administrations compatibles avec chaque mode de vie, mais aussi un système administratif aéré et adéquat afin de mieux gérer les affaires internes. En termes de démocratie,  les tribus ont toujours élu leur chef, l’amghar, et les municipalités ont également dû voter pour leur représentant, tuteur devant les hautes autorités, il s’agira donc d’une pratique descendante de la Bei’a, plus spécifique et qui tiendra compte de l’avis propre de tout citoyen

     les infrastructures et la logistique : Le nombre d’infrastructures que la France a construites et avec lesquelles le Maroc fonctionne toujours aujourd’hui ne sont pas négligeables. Du CHU Avicenne à Rabat, en passant par TOUTE la ville de Kenitra, ce sont toutes des bâtisses qui ont vu le jour grâce au protectorat et que le Maroc utilise toujours. C’en est de même pour les routes et les chemins de fer, ainsi que les zones industrielles

     

     

     la notion du service public institutionnel : La scolarisation, les administrations, les services hospitaliers, les fonctions régaliennes… bien de services publics qui nous ont été introduits, ce qui a eu plus qu’une valeur ajoutée : une numérotation systématique des citoyens afin de mieux garantir leur sécurité, une baisse du taux de mortalité due aux maladies parfaitement soignables, l’ouverture vers d’autres disciplines académiques outre les études religieuses

     

    la restitution de son patrimoine des Habous : Bien que le Vizirat des Habous soit resté sous la gérance du Sultan Mohamed V, c’est lors de son exil et du règne passif de Moulay Mohamed Ben Arafa que le protectorat s’est occupé du patrimoine croulant des Habous. Il faut savoir que ce vizirat ne comptait que des biens en très mauvais état, qui ne pouvaient être exploités ni économiquement ni pour  bienfaisance. Ils furent donc vendus afin d’en acheter de nouveaux, en meilleur état, et c’est l’un des premiers pas vers l’enrichissement et l’empirisme tentaculaire de cette institution nationale

     le développement cinématographique : L’héritage culturel et folklorique marocain est l’un des plus riches mondialement, ses arts aussi divers que nobles n’ont pas besoin de reconnaissance. Cependant, la propagande colonialiste introduira un autre genre artistique au Maroc : le cinéma. Pendant la période du protectorat, les marocains étaient appelés à venir se « divertir » devant des projections en plein air dans lesquelles les français diffusaient l’essence de leurs idées propagandistes, dans l’espoir que les citoyens adoptent leur présence. C’était un moment assez adoré par les habitants, qui guettaient l’arrivée de ces caravanes cinématographiques puisque c’était un moment des plus inédits. Plus tard, les premiers cinématographes marocains réussiront à intelligemment arroser l’arroseur, en livrant du militantisme à travers cet art

     

    Idolâtrer la période de la colonisation marocaine équivaudrait à un blasphème patriotique, la dénigrer reviendrait à en être une ingratitude farouche. Ce fût une époque moralisatrice pour le pays, et en être sortis intacts dans nos traditions et notre identité malgré cette tentative de nous tatouer une culture étrangère à la peau, là est la vraie victoire

    Salma Moukrim


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